C’est certainement la cause numéro 1 et non admise de la non réalisation des rêves de voyage pour les occidentaux, avant même l’excuse de l’argent. La peur de l’autre, cette maladie pourrie. Ce virus donné par des gens à d’autres gens…

En voulant bien faire, peut être. En voulant partager l’expérience, possiblement. En voulant se faire mousser d’avoir vu, certainement. Quoi qu’en soit la raison, on me déverse des fosses septiques entières de peur sur la tête depuis des mois, notamment par rapport au Maroc quand je fait référence à ma règle concernant le logement : budget 0.

Je crois revivre les efforts de découragement que je reçois pendant de ma traversée d’Amérique centrale en stop en approchant d’Honduras. Ou encore les « conseils » relatifs à  mes vagabondages dans le désert en Égypte. Je sais au fond que j’ai de loin la préparation pour apprécier un nouveau pays sans avoir la peur de l’autre, mais c’est inévitable, quand on me parle, j’écoute.

J’aime croire que la légitimité de mon intention de voyage et le libre arbitre des hommes et femmes que je croiserais feront bon ménage. Et c’est bien ce qui se passe, dès mon arrivée de l’autre côté du détroit.

Le voyage n’en est pas moi difficile mais il est, une fois encore, déconcertant de constater à quel point on s’est laissé polluer par les peurs des autres…

Je suis très rapidement à l’aise et plus détendu, à croire que cette attitude d’ici m’est contagieuse. D’ailleurs, la différence de qualité d’accueil et de sympathie des marocains à mon égard par rapport aux espagnols est difficilement de comparable. Beaucoup de bonjour spontanés, d’encouragement, d’invitations même. Là où en Espagne il faut essuyer les regards méprisants plein air d’incompréhension et de peur la plupart du temps.

Si l’on écoute trop les conseils avisés de ceux qui n’arrivent pas à gérer leurs propres peurs, alors on s’imagine débarquer dans un pays où à chaque coin de rue vous attend une espèce de malade avec une lame pour vous déposséder de tout et peu être bien de votre vie au passage. Certe, comme partout, le risque zéro n’existe pas et des mésaventures peuvent aussi m’arriver. Qui n’a jamais pris aucun risque ? Qui n’a jamais eu de problème ? Et puis si on y pense, la rubrique des faits divers de nos sages compagnes hexagonales n’a certainement pas à être gênée, la France possède un excellent potentiel de créativité en terme d’insécurité.

Alors si je peux vous donner un conseil, pour le camping sauvage, ça sera celui de la première personne qui me donnera un avis décontracté vis à vis de cette pratique en Afrique du nord. Un monsieur d’une cinquantaine d’années en fauteuil roulant, il arpentait le pays de long en large depuis des années au volant de son camion. Son conseil est simple, il était fait déjà mes règles, comme pour beaucoup : « cherche ton bel endroit d’aujourd’hui avec enthousiasme, il t’est toujours accessible si tu y reste ouvert. Souri aux rencontres que la route te présente. Fais ceci, tu le trouvera ton endroit du jour, tu pourra t’y reposer en paix. »

Et il a tellement raison, et je suis bien placé pour le savoir, quand je fais pas d’effort je passe de mauvais moments, comme toi ! Ça fait partit de notre éternel apprentissage.

Alors juste peut être un vrai conseil pratique, pour les nuit, soyez toujours hors des villes si vous campez.

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