1. Je hâte d’atteindre le bout de l’Europe, a nouveau, au bord de la falaise, toi et l’horizon…

 

Sauter ou ne pas sauter? « Tu poses trop d’questions. »

 

Le bras de mer qui sépare l’Europe et l’Afrique s’appelle bien le détroit de Gibraltar. Toutefois, contrairement à ce que j’ai longtemps pensé, la ville qui se trouve sur le détroit, côté espagnol, c’est en fait Tarifa et non Gibraltar, un peu plus au nord sur la côte. Tarifa c’est joli, une vielle ville bien conservée et une ambiance kitesurf/surf culture assez laid back, en apparence.

 

Je force un peu les deux derniers jours pour arriver dans la ville dans laquelle se termina le Spanish Trip, il y a déjà deux ans de cela.

 

C’est donc un peu sur les rotules mais enjoué que je retrouve Carole et son homme à Facinas pour un café. Ils m’avaient recueilli exténué après avoir essuyé un tempête. Je fini rapidement les quelques kilomètres qui me sépare de la pointe et m’écroule dans la Coloc de Claudia.

 

C’est alors que s’entame un curieux processus de création d’excuses fantômes. Certain pourrait y voir une ville démoniaque qui me retiendrait dans ses griffes pour m’empêcher de franchir le pas.

Comme il y deux ans, les événement surviennent les un après les autres… Entre la maladie et l’amour, chaque jour a son excuse, d’une légitimité indiscutable, pour pouvoir repousser, encore et encore, la date du grand Jour.

 

– C’est qu’il a peur le petit ! « Jsuis pu un Ptit! »

 

Oui, c’est la peur qui décide alors et met en place une puissante magie. Je suis même surpris de ne pas m’être planté à roller pendant mon séjour en ville. Cette peur c’est l’ado au fond de moi qui la cri, celui qui s’est construit sur les bases de se qu’il a entendu, celui qui s’est bâti un avis d’après les peurs des autres.

Bien que l’homme d’expérience que ce garçon ait pu devenir fasse de son mieux pour rassurer l’enfant incertain en lui racontant combien il est prêt : La peur, agissant comme un gangrène de l’esprit, est difficile à ignorer.

 

Alors l’enfant prie, il fait des caprice parce qu’il est incertain, contrarié de n’avoir personne qui lui tienne la main pour traversé la grand route.

 

« Tu es grand maintenant, tu verras tout est plus facile »

 

J’arrive tout de même à me déclencher une rage de dent comme je n’en avait pas eu depuis des années. Le dernier épisode de cette intensité remonte à la période où j’hésite à m’élancer sur la panaméricaine avec ma premier charrette Monkoa

 

Je reste donc une bonne semaine à l’abri du vent, une semaine où j’attends le moment, patiemment…

Bastaaa ! Parfois il faut se faire un peu violence, je prend mon aller simple en ferry pour Tanger et je monte dedans.

 

« Tu vois, c’était pas si terrible finalement ».

fr_FRFrench
en_USEnglish fr_FRFrench